Recueil de poésie

Quatrième recueil de poésie appelé "Les Sanglots Furtifs". N'hésitez pas à consulter ce recueil de poésie et à donner vos critiques positives et négatives.

A QUOI BON ?

Me crever les yeux
Pour mieux voir
Me crever le coeur
Pour mieux entendre

Mais à quoi bon ?
Mais à quoi bon ?

Me percer les oreilles
Pour mieux écouter
Me percer le cerveau
Pour mieux comprendre

Mais à quoi bon ?
Mais à quoi bon ?

Je vis aveugle et sourd
Vis seul sans amour
Un parcours à handicaps
Une petite mort à étapes

Alors à quoi bon ?

HYMNE

Souvent à la lueur du jour
Isolé comme dans une tour
Je rêve de ce matin blême
Où tes couleurs m’étaient suprêmes .

Ta venue , ton éclat , ton parfum
M’enivrent , m’ensorcellent sans fin
Et chaque instant de ce délice
Ressemblait plus encore à un supplice .

Souvent à la tombée de la nuit
Délaissé par ton obscur mépris
Je m’embourbais dans les soucis
Qui m’assuraient tout cet ennui .

Tes ardeurs , tes humeurs , ta blancheur
Embaument tant mes erreurs
Et tous mes chants mélodieux
N’ont pour toi que des accords pointilleux .

VASE

Marcher sur des bouquets d’épines
Pour égratigner de ces fusains
Ton chevalet aux couleurs trop fines

Mais elles ne sont que des clous rouillés
Qui gangrennent le long des chemins
Et crèvent les toiles déjà dessinées .

Voguer sur des écumes de vagues
Vers tes douces rivières salées
Des gouttes de mer qui me font rigoler

Mais mon rafiot n’a connu que les algues
De ces mers aux reflets d’acier trempé
Où surnagent des canards déjà plastiqués .

Planer sur des ailes fracturées
Sous un atmosphère sous alimenté
Qui m’aère par tes essences veloutées

Mais la pollution s’est oxygénée
Calmement . Dans les méandres étroits
De ton aire inachevée sur mes dix doigts .

PORTRAIT EN PLEIN CŒUR

Bouche Pulpeuse
Pulpeuses envies
Me donnaient le diable
A chaque pensée palpable
Mais je n’avais que peu de crédit
Pour cette jolie cajoleuse .

Ce portrait simpliste
De cette brûlante améthyste
Est la beauté qui harponne
Un coeur rêvant de la Madonne

Un mot , un seul
Une phrase sans compliment
Une syncope de bonheur
Un soupir d’amant
Un rêve sans linceul
Un portrait en plein coeur .

A LA TRES CHERE , A LA TRES BELLE

A la très chère , à la très belle
Qui remplit mon coeur de bonheur
Qui envenime toutes mes heures
Celle qui m’apporte de la vie , le sel

A la très chère , à la très belle
Qui me désaltère de sa beauté
Toi , l’être tant rêvé et désiré
Tes charmes me sont que douces aquarelles

SOUS LES VAGUES

Sous les vagues du vent
Voyagent les virus de la beauté
Sous les vagues du vent
Voyagent nos rêves embués

Heureusement d’autres réalités
M’ont réconcilié avec toutes ces traités
Heureusement d’autres réalités
M’ont conseillé de ne plus me fier

Sous les vagues du vent
Naviguent nos armistices déchirés
Sous les vagues du vent
Volent inviolées de pales idées

Voiles dehors sans retenue
Telle cette vague rebelle
Je m’échoue sans appel
Et sans le moindre abus

POEME SENTIMENTAL

Mon coeur est à vous , douce vision
Mon humeur dépend de votre Passion
Mon âme s’enivre de cette dévotion
Qui jamais ne connaît d’érosion .

Souvent lorsque la nuit s’éclaire
Je pense à votre feu involontaire
Qui a enflammé ma poudrière
Et qui a noyé mes points de repères .

Vous étiez cette tendre incendiaire
Qui chaque jour sur la planisphère
De ma vie , vous occupez la terre entière
J’attends de vous , un amour planétaire

Me voici maintenant suicidaire
Pour vous annoncer de façon visionnaire
Que notre amour sera l’embarcadère
De nos voyages odorants de notre croisière

AMITIE

Blonde comme les pétales du soleil
Je l’attendais le coeur en éveil
Remontant de son cycle en enfer
Pour discuter et prendre un verre .

Je n’étais pas comme ces génies
Qui font des demoiselles une boucherie
Je ne faisais que prendre du temps
Avec un rayon de visage éclatant

Marchant le coeur réveillé de légèreté
Je regardais sa bouche parler
De ses amis qu’elle avait enfermé
Dans un ghetto de médiocrité

Grâce à ces mots doux enjoués
J’avais découvert une amitié
Au côté d’une fille que j’avais houspillé
Pour des broutilles et des stupidités

J’ai vu dans ces yeux malicieux
Les espoirs de découverte d’un trésor
Qui ne sont que fabuleux
Et qui vivent encore et encore

De toutes les esquisses que je dessine
De vous , chère amie, je n’en veux qu’une :
Une âme rayonnante devant le soleil et la lune
Qui suspendrait notre belle amitié
Comme dans un calendrier étoilé

De vous , je n’ai que le prénom : ---------

POIVRE ET SEL

Le bruit du poivre sur tes lèvres
Me transperce finement la tête
Et ces musiques sont ma sève .

Ces doux chants qui se répètent
Me hantent comme un coeur en toux
Où poser ma main sur tes genoux ?

Ce sont tes yeux trop salés
Qui s’ouvrent à mon coeur bleu
Clin d’oeil en porte croix .

Et des pointes d’eau pailletées
M’étaient comme un élixir
Qui multiplierait mon âme mille fois …

Le poivre et le sel : potion épicée
Ferait me donner pour tant d ‘empires
Si tu te voulais près de mes voeux .

JEUX D’ENFANTS

On dirait que je serais mort
Mais pour de faux
Et toi , princesse couverte d’or
Tu voudrais m’embrasser – pour de vrai –
Je serais un prince de château
Venu près de toi pour te marier
On dirait que je serais mort
Et toi , tu m’embrasserais encore
On serait beau tous les deux
On serait beau comme des Dieux
Et notre amour irait jusqu’aux cieux
On dirait que tu m’aurais réveillé
Et ma vie te serait tout illuminée
Tous les animaux dans la forêt
Nous accompagnant , chanteraient
Les louanges des petits princes
Coureurs dans notre château
Et nous montrant que la vie est mince ,
Qu’il faut l’utiliser de bas en haut .
On dirait que je serais mort
Mais nos jeux d’enfants sont les plus forts
On s’embrasserait , on s’embrasserait
En nous promettant des paradis parfaits .

L’OUBLI DU FEU

Elle , dans sa tour d’ Ivoire
Moi , dans ma fosse à oubli
Il fut insensé qu’elle me vit .

Dans mon donjon , je brûlais pour elle .
Aux oubliettes , elle s’enivrait d’effroi
J’aurais voulu me glisser près d’ailes
Pour la sortir de son émoi .

Parvenir dans son univers de cristal
Moi , vénère ses dragons et dédales
De mémoire d’ exutoire à jamais tourmenté
Mes vies , je les pose à tes pieds

Demain peut-être .

LE SOLEIL DU JOUR

Comment te dire
Au soleil du jour
Des compliments à lire
Sans que tu penses à l’amour

Comment écrire
Au soleil du jour
Des mots de saphir
Sans pour cela te faire la cour

Et quelques beaux discours
Sans jolis détours
Des mots que l’on savoure
Aux doux soleil du jour

Si mes mots ne sont pas de velours
Si mes mots te font médire
Je préfère , à la lettre , partir
Au chaud soleil du jour

DANS VOS YEUX

Perdu dans le bleu de vos yeux
Je me noie dans vos ouragans
Et cette baignade dans vos cieux
Me déverse votre âme doucement

Me fondre dans cette mélodieuse tempête
Qui me saigne dans ma douloureuse quête
D’une revigorante cure de jouvence
Des eaux pour retomber en enfance

Perdu dans le bleu de vos yeux
Ma poésie s’évapore goutte à goutte
Voir vos joyaux ne fait plus de doute
Naviguer dans vos yeux , je veux .

LES VILLES

Les villes se ressemblent toutes
Quand le coeur n’a plus d’écoute
Alors on erre dans les rues
Devant des murs gris béton
Et de la fin au début
On veut s’idéaliser un horizon
Qui puisse aérer notre coeur
Nous éventer le charme soeur
Mais les villes se ressemblent toutes
Quand on ne sait choisir sa route .

COUPER A CŒUR

Abattre toutes ses cartes
Pour trop souvent passer à l’as
Valet avant que tu ne partes
Simple joker , Roi de l’impasse

Abattre toutes ses cartes
Sans me piquer à l’atout
Ne plus rester sur le carreau
Mon jeu est à la toux

Je voudrais vous couper à coeur
Et être votre dix de der
Il me faut jouer à la hauteur
Car sans Reine je me perds

Entre valet de trèfle et roi de carreau
Mes figures imposées me rendent capot
les cartes sont pipées dans ce tripot
Je coupe à coeur et elle ne dit mot .

PHILTRE

Une fois , une seule , j’aimerais
Que de mille feux m’électrise
Ce nectar aux clinquants secrets
Et que de ce liquide viennent l’encens

Ce sang dont je me délecte
Prend possession de sa beauté qui l’affecte
Doucement , je m’enfonce dans l’effroi
de la vision incommensurable en sa foi

je bois cette divine chaude liqueur
qui m’élève vers ses songes supérieurs .

PLUIE

Parfois quand je me sens grisâtre
Et que mon thé s’est refroidi
Je feuillette l’album de mes pluies
Qu’elles soient criardes ou d’albâtre

Je me revoie jeune et suicidaire
Pensant à tous ces regards de travers
Je me revoie jeune et solitaire
Repoussant les appels de la Terre

Il me fallait devenir divinité
Pour éviter de me cimenter
Vouloir me reposer dans une allée
Et ne jamais rien pouvoir gagner .

LES TEMPS SONT DANGEREUX

Je marchais tranquillement dans le chemin
Lorsqu’une vague de fond m’avala
J’avais beau invoqué le destin
Sur la terre humide , que des crachats .

Je campais sur une piste sans embûches
Lorsqu’un mur tagué m’écroula
J’avais eu beau joué les cruches
Je me pensais qu ‘en plâtrage d’estomac .

Les temps dangereux ont de la chance
Car le lourd handicap de l’esprit tue
Les temps dangereux se courbent de Gausse
Tant ce lourd handicap est désespérant .

BOIRE L’EAU À LA TASSE

Mes yeux regardent le temps qui passe
Mais que se passerait-il si demain
Je n’étais plus qu’un break à la casse
S’il ne restait plus que les freins

Que se passerait il si demain
Je n’étais plus qu’un radeau
Perdu sans voile , sans attache
Je coulerais corps et liens
Comme je l’ai été , lâche
Un bois pour faire des mégots .

Mes yeux regardent le temps qui passe
Le soleil , le vent , les nuages , la lune
Et que se passerait il si demain

Le soleil , le vent , les nuages , la lune
L’eau que l’on boit à la tasse
Et que se passera –t-il demain ?

CHEMIN DE RÊVE : NYMPHÉA

Brûlante comme un rayon de lune
Une nymphe sortie de sa mythologie
Une vague entendue derrière une dune
Une nymphe sortie de sa mythologie

Chantante comme des refrains humides
Des chansons incrustés de diamants
Une parole , des musiques de printemps
Qui s’envolent sans être dans le vide

Une nymphe sortie de sa mythologie
Un arc-en-ciel chaque jour assorti
Des rayons de lune si douce si douce
Petite nymphe allongée dans la mousse

Un tableau impressionniste qui se savoure
C’est le feu d’une nymphe dans la cour
C’est un torrent paisible qui coule
Une nymphe imprimée dans la foule

OISEAUX

Un vol de chouettes , dans la nuit , hurlait .
Au loin , la cloche de l’église sonnait .
Les gouttes d’eau s’ ankylosaient dans l’air
Et mes yeux te voulaient me sécher .

Dans le désordre du royaume des Froids
Je surnageais en forme de salière
Dans une sphère impropre à la consommation
Pourquoi avais je des yeux pour Aimer ?

J’avais craché tant et tant d’accidents
Sur des autoroutes trop bien tracées
Aux rambardes pierrées , fleuries et datées
Me laissant les yeux prendre en bouture

Un vol de chouettes disparu sous un nuage
Construit par quelques détergents d’oesophage
Pour ne plus avoir mes yeux acidifiés

J’ai espéré ne pas être attaqué par ces chouettes
Mon parcours , loin de toi , des enfantillages
Et mes yeux , morts de n’avoir pu te regarder .

SEULEMENT OUBLIER

Il aurait fallu que je prenne la mer
Avant que mes yeux ne tanguent
Dans ses océans trop parfumés

Il aurait fallu que je me noie
Avant que mes yeux ne s’enlisent
Dans ses litres de thé trop sucrés

Honteusement , j’ai fuis de sa terre
La voulant dégager de ma gangue
Des nuits à attendre avec des échasses
Des nuits à vouloir attendre , sa Beauté étoilée .

VUE DU BAS

Plus le ciel est gris démocratique
Plus je me fais acide citrique
Alcoolisé . Fiévreux . Un vieux mastic
Plus le ciel est gris catholique

Plus le ciel est azur théorique
Mon miroir m’envahit ironique
La tête explosée – Sucre pour diabétique
Plus le ciel est bleu lymphatique

Plus le ciel est bleu noir tragique
Plus mon passé se casse comme l’élastique
Fragilisé – Présent anachronique
Plus le ciel est bleu caustique

MARCHER

Nous marcherons
La musique trop forte
Nous empêchera de penser .

Nous marcherons
Légers de liberté .
Nous poserons nos fardeaux
Tout au long du chemin .
Et comme des statues
Se réveillant du bout des doigts
Nous ouvrirons nos coeurs .
Et il fera beau éclair
Comme un arc en ciel dans la
Tête d’un bois plus tendre .
Nous marcherons
Comme des jets de pierres
Enfin effondrés de leur paroi
Nous serons universels
Sans savoir , sans vouloir .
Nos larmes s’effaceront
Sous de belles chansons .

Mais si la musique redevient forte
C’est que nous ne pourrons ouvrir les portes
Et que nous devons écumer le sable .

A L’UNISSON

Le silence de nos deux voix
A l’unisson nous endorment
Crier en portant nos croix
Comme de longs échos cruciformes .

Les deux sons de nos jeux mi-voix
Percés par nos fièvres de foi
Des Romantiques qui se dénaturent
Pour croire en leur bonne aventure

Nos voix s’aimeront ensemble
Pour se taire sans dépression
Combattre , combattre : deux légions
De déshonneur . Un départ ensemble
Vers l’opposé de nos coeurs .

PERDU DANS MA TÊTE

Le soir se rafraîchissait doucement
Le ciel glissait vers un gris orangé
Les cris des enfants et des chiens se mélangeaient
Je n’aurais pas dû jouer innocemment

Des oiseaux ivres de liberté , piaillaient
Les feuillages doucement dansaient
L’heure s’ouvrait bientôt à la nuit
Je n’aurais pas dû m’ouvrir tes yeux

L’herbe se parfumait de son humidité
Les parterres se décoloraient à la suie
Le tournesol se cherche pour se réveiller
Je suis tombé de son coeur , un puits .

Printemps perdu dans ma tête
Hiver prêté dans la sienne
Printemps quand l’autre éclaircie
Hiver qui lutte pour me geler
Pas d’été , peut être un automne pourri …

Copyright Olivier guilbert - Conifère