Poésies désespérantes

Poésies issues d'un nouveau recueil de poèsies appelé l ' Echiquier. N'hésitez pas à consulter ces poèsies et à donner vos avis.

Les tours de ma divinité

Les tours sont hautes
Ô ma petite Reine
Moi , pauvre soldat
Je compte les cent pas.

Les tours sont hautes
Je monte la garde
Et ma bien visible peine
Me tient compagnie

Je voudrais chercher les trésors
De sous tes pulls trop laineux
Petite Princesse qui me sourit
Tes rêves me trouveront dehors

Ton visage jamais de moi,
Mais jamais ne se tarde
Ton sommeil, ô petite Déesse
N’attend pas de moi de caresses

Les tours sont hautes
Je m’essouffle devant tant de Beauté
Une simple frange sur ta paupière
Et moi une ombre : une meurtrière.

Les tours sont hautes
Toutes les guerres à batailler
Mais ton cœur à protéger
Tu passeras devant ma dépouille.

Sans t’arrêter, tu quittes la tour
Tu souris à ma visible peine
Je ne suis rien, tu es mon tout
Ô Divinité qui ne le saura jamais.

Sans t’arrêter tu as quitté la tour
Mon oubli t’est profond
Naître pion, attendre dans la cour
N’être pion, se morfondre sans détour.

Villes sombres, villes éclairs

Villes sombres, villes claires : je n’avance que d’un pas
Quelques remparts, des castes : mon regard plein d’effroi
Tricher à maux couverts : la Reine est là.
Que les tours s’embrasent : Seul le feu est en moi .

Villes sombres, villes d’ornières : je n’avance que d’un pas.
Je me vois lâcher les chevaux : pour les charmes d’une reine.
Villes sombres, villes claires : ma reine est là.
Que les tours s’enflamment : proposer la mienne.

Villes sombres, villes plombières : je n’avance plus d’un pas
Sur cet échiquier, on m’impose ou suppose des lois
Je grimace et m’enfonce : ne pas prétendre à toi
Villes sombres, peu claires : la reine se refusera à moi.

Incandescences de 21h02

Atmosphère fantastique
Spectre bouleversant
Diamant charnel
Mon mouchoir me tient en vie

Exclu de l’envoûtement
Mon spiritisme se fracasse
Et une humanité abrutissante
Mes yeux n’ont plus d’assurance

Dans cette réalité automnale
Une ardeur à lester de cailloux
Une tour à gravir, une reine à séduire
L’hypophyse est un luxe inutile.

Atmosphère impudique
Spectre effrayant
Chagrins d’enfant
Son mouchoir la tenue en vie

Exclue de ces cellules
Et tous ces corps qui se bousculent
Mon romantisme se tracasse
Il faut que ses larmes s’effacent !

Dans cette réalité automnale
Je deviens collectionneur d’émotions intimes
Son refuge pour une tour ultime
Ces quelques centimètres font de belles escales.

Ravages d’échiquier

Les flaques autour de moi
S’assèchent. Je retrouve la foi
Je ne veux plus compter mes nuits
Je ne veux plus compter mes jours

Ravages sur mon échiquier
Les couleurs se sont métamorphosées
Ravage sur mon échiquier
Me pâmer. Mon chemin est pavé.

Les flaques autour de moi
A noyé mes trop bonnes joues
Les rigoles ne fertilisaient rien
Que ces pages sans intérêt

Ravage sur mon échiquier
La Reine avait bougé, approché
Je ne compte plus mes jours
Je ne compte plus mes nuits

Je ne compte plus ce qui me sépare
De cette icône apparue au hasard

Ses yeux : oh ses yeux !

Un pliant sur mon cœur posé
Je bougeais un peu pour qu’en amour
Au creux de mon âme elle puisse tomber

En équilibre sur ma chaise apportée
Elle s’éparpillait et s’intensifiait
Jusqu’à me faire tendre torture

A corps perdu, je plongeais dans ses yeux
Comme un livre que l’on dévore
Une ode si douce qu’on la murmure

Plonger encore et encore dans ses yeux
Vivre apnée après apnée : ses larmes s’évaporent
Ne pas rêver : Par moi, elle ne sera jamais.

Que les tours sont hautes à conquérir …

Jonchée de cadavres exquis, cette route, que je croyais surveillée, balayée par les tremblements et les vents, me faisait vaciller.

Je n’avais pas le droit de me retourner. Ma tâche ne devrait être que de sang. Protéger et Servir : le chemin serait long et fastidieux.

Je n’avais pas le droit de me retourner. L’imagerie ne devait être que d’ombres. Servir et Protéger : la reine serait une prison bien agréable.

Juchée sur une tour une reine observait ses « protégeant ».Elle ne trouva pas le plus hardi à l’oreille.

Je n’avais pas le droit de me retourner. De batailles en petites coupures, je disposais de sa souvenance. De coupures en grandes batailles, éviter que ma seule armure ne coagule.

Je n’avais pas le droit de me retourner. Sa beauté m’aurait finalement terrassée de sous mon sous-pull.

Couché près de cette tour je l’observais. Tant et tant, je me voyais en haut lui offrir villages et palais. Mais ma tâche n’est que chimère et que je ne serais celui qui la « dépaysage ».

Chaque Reine a un roi …

Plutôt dans la matinée
Quelques jours à supporter
Ces blessures vilaines bien placées

Plutôt dans la matinée
Quelques armes à déposer
Ce futur aux présents souhaités

J’avais recouvré la santé
Me dormant la sérénité
Une aventure m’aurait teinté

Mais chaque reine a un roi
Roi longuement casé pour combats
Je ne suis pas de poids

Une reine au double langage
Et le pion n’est que prétendant
Sûrement méprisant, un intrigant

Et plus tard, seul, dans cette matinée
Le pion continuait à guerroyer.

Hors de …

Hors de cet échiquier qui me fait défaut
La voilà, cette reine, vers de plats panoramas
Les montagnes et les collines sont rasées
Il n’y a plus que des cris débarbouillés

Hors de l’échiquier, voilà une belle imitation
Je ne peux m’approcher, je n’ai que l’impression
Les montagnes et les collines sont habillées
Je ne saurais à quel saint me vouer

Hors de cet échiquier, nul n’est besoin
De penser au malheur, à la manière d’être
Enfermé. Et pour un ancien jeu mené par le prêtre
Les chansons insulaires sont de maigres refrains

Hors de cet échiquier qui me fait défaut
La voilà cette reine, vers de tristes paysages
Les montagnes et les collines sont reformées
Et les jours du seigneur seront terminés.

Maquillage !

Maquiller ta peine
Après ce douloureux exil
Un besoin, une nécessité
Dis moi tous tes chagrins

Dans ton âme calmée, les
Orages ne te font plus peur
Une vision me revient toujours
Celle de barreaux bientôt fondus
Et une idylle trop attendue

Animer tes yeux de tes
Merveilleux sourires qui me rendent
Indescriptible et Papillon
Et d’un coup d’ailes, je voudrais

Renverser toutes les prisons
Enfermant tes amours, ta Passion
Visiblement là pour quelques actions
Et tu es là, maquillant ta peine
Et je suis là, moment de ton exil.

La Poussière me couvrira d’elle

Faire qu’il se passe quelque chose
Illuminant de fantastiques voyages
Donner à mes albums de belles images
Qui évitent de me remettre en cause

Froncer les sourcils, Oublier d’être débile
Forcer mon sourire, peu de maux à dire
Mincir mes hématomes, avoir la grâce
Ne plus jouer le môme, enfin faire surface

Faire qu’il se passe quelque chose
Oser croire aux joies du partage
Donner à mes larmes de joyeux rivages
Que vais-je perdre à voir la vie en rose ?

Compter les Montagnes…

Il était déjà plus de 16h26 lorsque j’arrivais dans un monde différent de celui que j’avais déjà rencontré lors des jours suivant ma puberté.

Le monde autour de moi pris une couleur que mon encéphale n’arrivait à définir. Les vagues me donnaient envie de vomir. Le monde de contamination se propageait sous des tonnes d’aspirine. Je repris mon stylo à encre noire.

Je me sentais enfermé comme dans un bocal. Après moi, quelques vies viendraient salir des sols indifférents et froids. Certaines mêmes auraient le vocabulaire rougit par la fumée de substances adhésives.

Il fut 17h29 lorsque je sortis de ce monde infâme qui me guidait vers une existence précaire. Rien n’avait filtré de mes discours apocalyptiques et peu pécuniaires. Vomir près de l’échiquier ne m’encourageait guère à devenir mercenaire.

Dans les vingt-trois minutes qui suivirent , j’avais tant serrer les dents que je n’arrivais plus à parler de ces minutes où je l’avais à eu pour moi tout seul. Il ne me restait que cet étrange soirée à la lune bien pendue…

Les croyances d’ectoplasmes

Il y avait déjà eu des régions plus belles. Des régions que l’homme peut-être avait oubliées. Des contrées si lointaines et inaccessibles que seul les insolents ou les indolents n’avaient su apercevoir.

Moi dans ces mignons univers, je croyais à une rédemption. Mais je n’étais qu’un pion. Mon monde, même en diagonale, n’était fait que du noir dont on fait les rectangles terreux.

Parfois, je croyais au gris de ces batailles qui me menaient vers de nouvelles oasis. Je croyais gagner du terrain. Mais la croix revenait trop vite, mais ma croix me réincarnait toujours en ce pion contre-productif.

Moi dans ces mignons univers, je croyais à une possession. Mais je n’étais qu’un pion. Mon monde, même en diagonale, n’était fait que de noir dont on fait les bois dorés.

Il y aurait peut-être des régions plus belles. Des régions que l’homme auraient trop influencées. Des contrées tristes et confidentes où la nature, superbe, s’impose comme une reine d’un monde qui nous offre un délicieux pastel…

Apnée de larmes

Souvent je me vois plonger dans ses yeux
Descendre en apnée, je deviens militant

Souvent je milite pour devenir son écume
La noyer de mes eaux, la noyer de mes vagues

Souvent je voudrais descendre au plus profond
De ses yeux pour lui enlever ses larmes.

Souvent je me vois plonger dans ses yeux
Comme on décortique une œuvre d’art

Rien ne pourra me triompher de cet ouragan
Les plages me repoussent vers des terres arides

Elle est mon épopée. Elle est une musique douce
Elle est tout le sel qui change le goût de ma langue…

La Reine aux yeux dans le vague

Que les reines sont pensives lorsque les rois aimés sont emprisonnés…

A mi-chemin entre son roi et ma reine, je vivotais dans mon bourbier habituel.
A mi-chemin entre son roi et ma reine, je m’inventais des religions qui me rapprochaient d’elle.

Que les reines sont lascives lorsque le roi aimé se sait bien écouter.

A mi-chemin, je m’immergeais dans mon bourbier habituel.
A mi-chemin, entre ma reine et son roi, j’écrivais des religions qui me rapprocheraient d’ailes.

Que ma reine est tranquille lorsque son roi aimé est pensé.
Que ma reine est fébrile quant à ses mots, elle l’entend respirer
Que ma reine est hydrophile quand elle parle de son roi sans geôlier
Que ma reine sera indélébile lorsqu’elle l’aura retrouvé…

Et moi, pauvre soldat, qui ne sait parler que de moi, n’aura su vivre qu’au chaud de ses instants qui la bouleverse.
Et moi, qui croyait à ses regards féeriques, n’avait été qu’un bout de caillou la déviant légèrement de sa trajectoire.

Epilogue : Les jouets cassés

J’avais parcouru tout l’échiquier
Batailler pour quelques terres dévastées
Par une enfance de larmes inondées

Mais les mondes qui m’attendaient étaient toujours enterrés
Ils ne m’offraient que le bruit du vent dans ma chambrée
Et quelque Reine à pleine bouche susurrée.

Que deviendront tous ces beaux joujoux exilés ?

J’avais parcouru tout l’échiquier
Batailler pour quelques causes adoptées
Pour les tissus d’une reine exaltée

Mais comment sortir de cette saleté d’échiquier
Qui me laisse désemparé. Un pion ne peut gagner
Surtout si le roi de la reine est fait prisonnier…

Rideau sur cette partie trop vite terminée !

Copyright Olivier guilbert