Poésie d'un autre genre

Poésie issue d'un nouveau recueil de poèsie appelé les animaux vulgaires. N'hésitez pas à consulter cette poèsie et à donner vos critiques.

Observations sans préliminaires

J’ai cru voir des animaux vulgaires rôder autour de moi. Ils m’observaient en attendant mon trépas.

Leurs yeux rieurs et leur bouche haletante n’arrivaient plus à m’inonder de leur haine que je croyais visible de tous.

Leur langage bruyant atteignait ma tête et me bloquait le cerveau. Il me faisait fendre et froid.

Les animaux vulgaires se réuniraient sous une tente en chaleur pour compter les heures de mon horrible labeur.

L’espèce

Quelques animaux vulgaires dans des positions énervées se cachent par des endroits sordides.

Ils se laissent aspirer dans des limbes immondes qui font la joie de bibles singulières.

Mais la qualité de la rumeur enfle les étages feuillus. Leur camouflage grossier se dilue dans quelques réunions arrangées.

L’heure a sonné pendant que leurs parfums se sont entremêlés. Les animaux vulgaires doivent se nourrir de jeunes chèvres bien trop hébétées.

Au-delà de limbes sordides, le règne animal des animaux ne sera plus sanctifié…

Les animaux entrent dans la région étrangère.

Hors les royaumes bouseux, ils perdent de leur constance. Ils ne sont plus ces sanguinaires.

Quelques beaux pays aux paysans besogneux leur doivent allégeance à leur passage.

Ils se voient Prince Charmant quand les pauvres souffreteux leur font à reculons affront.

Et le maître des animaux vulgaires n’est pas leur Dieu. Ils ont élu domicile dans des prières lucratives d’un gourou à la bougie.

Ils balbutient leur appartenance et fustigent leur déférence. Nous, sous-classe de leur monde maléfique, attends une fin si lente.

Le maître à rubans

A la table des animaux vulgaires, le maître a convié ses valets.

Ils attendent le meurtre de leur maître où qu’on leur donne le coup de grâce.

Qu’on fouette les indigents, par delà les salles du donjon, jusqu’au sang. Les animaux vulgaires aiment à se délecter de ces jeux de maître.

Le maître à ruban se fait vieux et ne se pare plus que de ses habits sombres. Du plus bel effet, il s’enroule de rubans qui lui cachent d’abord les yeux.

Ce spectacle fait la joie des animaux vulgaires car ils savent que ces habits, que nous trouvons ridicule, leur donneront un costume ample et sur mesure.

La forêt violente

Une forêt hebdomadaire m’offrait de nouvelles conquêtes et quelques désillusions.

Je m’étais imaginé le héros, comme d’anciennes aventures, de cette longue histoire sans véroles.

Par delà les feuillages et les branches coupantes, j’avançais comme on fait du petit bois.

Mon terrain de jeu était défrichable mais insurmontable. Les saisons passaient et les couleurs ne changeaient.

Les animaux vulgaires avaient leur repère. Cette forêt proposait des mondes déconfits : un peuple et quelques religions obligées.

Les animaux avaient leurs repères. A chaque fourré, des pièges bien orientés qui évitaient à chaque caste de se rassembler et de comploter.

La torture présidentielle.

Il y avait, dans le pays des animaux vulgaires, un endroit où la torture servait la cause présidentielle.

Les jours de lapidation provoquaient chez les animaux vulgaires joies et fête.

Il faut dire que les jours n’étaient pas comptés. Il faut dire que le lapidé était toujours le même.

Et le corps éparpillé, il était recollé à chaque fin de séance. Le peuple devait participer et s’extasier.

Les jours de lapidation, par le peuple observateur, provoquaient apaisement et douceur.

Grimé en populace décapante, les animaux vulgaires s’amusaient à voir le lapidé recollé.

Mais lorsque les colles de bon marché sont trop utilisées, la peau ne laisse plus passer qu’un pu mélancolique et diplômant.

Les animaux vulgaires, lâches sangsues, couvriront les plaies de ce malheureux départ.

Les jours de lapidation provoquent chez les animaux vulgaires, joie et fêtes.

Le phare et cerbère pépère.

La clarté de l’endroit rappelle les heures les plus terribles de notre siècle. Et l’homme avachi sous les papiers et la jeunesse est le phare pour une civilisation terrorisé.

La clarté de l’endroit rappelle la dureté des mots qui se dégagent de cette bouche parfois grossière . Et l’homme, avachi sous les cartons et les plastiques, est le phare d’une civilisation terrorisée.

La clarté de l’endroit rappelle l’intensité de la lumière qui nous observe. Souvent cet aveuglant néant nous montre la sortie.

Pourtant les animaux vulgaires ont peur de ce faisceau et le montrent du doigt comme on montre la lune : astre divinatoire et révélateur du réel.

La clarté s’essouffle peu à peu. La clarté peu à peu et s’évanouit tant les ampoules tressaillent et la terreur se civilise.

Les animaux vulgaires se reproduisent peut-être…

Dans des couloirs indiscrets rôdent le peuple en perdition.

Les salles du monde sont souvent saturées et se faire une place est un sport soutenu et souterrain.

Dans des salles , indiscrets , s’accouplent les animaux vulgaires.

Leur parade nuptiale est bruyante et l’odeur est nauséabonde. Pourtant , les yeux du peuple se perdent dans cette reproduction en aucun exemplaire …

Dans des petits mondes clos et hermétiques, les animaux vulgaires ensemencent leurs prochaines victoires.

S’accoupler est gagner l’inaccessible respect. Se coupler est gagner un faux crédit, une loi mutuelle.

Et le peuple, si minuscule, doit observer le liquide visqueux couler des bouches déjà trop collées.

Et le peuple, dans des couloirs indiscrets, doit divaguer encore et encore pour une place trouvée.

Attendant l’orage…

Dans la cour, le maître-chien se met à hurler . Un hurlement ou un grognement profond. Comme une musique de Trent Reznor.

Les animaux vulgaires maniaient, pendant ces temps, les mots et les feuilles tombaient.

Dans la cour, le maître-chien s’allongea sur le gravier refroidi recouvrants des petites bêtes mortes.

Les animaux vulgaires , devant les boîtes aux lettres , faisaient souffler l’automne de leur fente pestilentielle.

Dans la cour, le maître-chien attendait l’orage : un orage écrasant et dévastateur comme les éclairs de Trent Reznor.

Les animaux vulgaires se tenaient à leur poste. Ils materaient ce peuple dissonant et trébuchant.

Dans la cour , le maître-chien transi par les nuages abondants imploraient qu’on le laisse enfin tranquille.

Incessants « on-dit ».

Les animaux vulgaires ne parlaient qu’entre eux. Leur conversation , étalée aux yeux de tous , était une lamentable agonie.

Ils promettaient les astres les plus noirs pour leur obéissant auditoire.

Ils promettaient leur nébuleuse la plus noire pour cet auditoire déjà carbonisé.

Les animaux vulgaires ordonnaient aux quatre points cardinaux : une grande messe au café bon marché.

Impie, ton sort sera bien vite réglé. Athé, on te le fera payer. Ta prosternation devra être multipliée.

Dans leur conversation, les animaux prêchent la faux. Il faudra , Populace, que tu comprennes qu’ici n’existe que la génuflexion ou la décapitation.

La main sur notre épaule.

Nous vivons avec une main sur notre épaule. Une main ferme qui nous touche nos nerfs décérébrés.

Paternaliste forcenée cette main nous meurtri la clavicule de cette poigne trop contrôlée.

Nous vivons avec une main sur notre épaule. Et l’ankylose qui nous guette ne lui fait pas lâcher.

Parfois, nos cous cherchent à se libérer mais tous semblables nous sommes lestés !

Nous vivons avec cette main sur notre épaule. Une main imposante et blessante qui nous éloigne de quelques vérités.

Copyright Olivier guilbert - Arbre fruitier