20 poèmes issus de la première partie du recueil DARLING MURDER. N'hésitez pas à les consulter et à donner votre avis.
Jamais de ma mort, je n’avais vu aussi elle explosion. Les aiguilles de ma montre me trouvaient plus rond puis un petit moment.
Je me voyais en dessous d’un noir total et d’une vie sombre. Immensité des cris et aux alentours quelques cœurs éventrés.
L’esprit me revient vite par tant de blessures comme des bijoux incrustés. Je disposais d’une plastique nouvelle et tout aussi détestable.
Jamais de ma vie, je n’avais jamais vu aussi triste implosion. Le cadran de ma montre me collait maintenant aux yeux. Et une ligne rouge me fluidifie dans ce monde perdu.
Darling Murder!Le calme de la chambre froide
La température de l’assassin
Je ne sais plus qui je suis
Je ne suis plus qui je sais
Au dehors, les yeux exultent
La chaleur leur fait rage
Les ombres vivent de haute lutte
Il me fait froid sous ce carrelage
Le calme de la chambre froide
La température du temps malsain
Je ne fuis plus ce que je fais
Je ne fais plus ce que je fuis
Au dehors, l’herbe verte s’amenuise
Les chats et les chiens se subtilisent
La peinture devient réaliste
Dénaturée tant je me trouvais kyste.
Le calme de la chambre froide
La température de ce bois hautain
Je ne nuis plus … je ne renais plus
Je suis enfin cuit et je suis enfin « nuit »
Les âmes potelées Elle me toucha les mains …
Le bruit de l’ordinateur avait envahit tout l’espace qui m’effrayait.
Quelques cliquetis sur mes pensées pendant les ongles sales.
Et j’avançais dans ma vie comme un sucre.
Elle me toucha les mains …
Le bruit des volets roulants avait faibli dans mon espace
Et ces cliquetis abreuvaient mes suées pendant les papiers froissés
Et j’avançais dans ma vie comme un sucre devant un café.
Elle me toucha les mains …
Elle me touchait vraiment les mains …
Le dernier verre Après la promenade sur la plage. Il était à quelques minutes de se trouver trop intense. Elle se trouvait à quelques goûts de sa bouche.
Elle revenait de ses temps de sable qui l’avaient collés toute la journée. L’anxiété de le revoir se mêlait à ses cheveux salés.
Après les douches d’usage et les voyages savonneux, il l’inviterait pour un réconfort liminaire et un dernier verre recommandé.
Et puis après la promenade, la lune de la plage. Elle serait comme son prénom déjà effacé sous de lacrymales abondances. Elle se trouvera à quelques bouches du dégoût.
Sournois et curieux est cet onéreux breuvage qui délie les sens et noue les langues.
ComateuxLa bouche sèche
Je montre les dents
Les cieux que je filme
Me trouve toujours pareil
Je me fixe un univers
Qui m’oblige et m’affaisse
Les cieux qui m’abîment
Me détériorent ou m’oppressent
Seules les étoiles défilent
Les âges du bois sont d’usage
Elles me divertiront sous l’étau
Et plus rien ne m’éveille
A la dépense Réfléchis !
Laisse moi te rendre beau
Ne regarde pas à la dépense
Réfléchis !
Les lumières sont éteintes
Tu te vois un peu mieux
Dans la pénombre, plus de défenses
Laisse moi te rendre beau
Réfléchis !
Le jour est passé, la nuit est belle
Elle trouve des bras chaleureux
Ne réfléchis plus !
Ne plus fendre la route Les kilos de solitudes et de méfiances
Me défient sans véritable complaisance
Je ne fends plus la route, je la dévore
La boulimie m’offre de sanguinolentes fourmis.
Il ne reste plus que les brûlures ou de longues promenades.
Les kilos de servitudes et de révérences
Me suffisent à m’oublier ou me déguisent
Je ne fends plus les routes, je m’endors.
J’ingurgite, j’avale, je bouffe, je me vomis
Il ne me reste plus que la brûlure ou une longue promenade.
A perdre haleine Le vent soufflait à perdre haleine
Les feuilles s’éparpillaient dans le jardin
Délaissé par les enfants éloignés
Le ciel se couvrait de toutes les peines
La table avait été desservie
On rentrait les coussins et les ennuis
Plus rien ne transpirait, plus rien n’effrayait
La vérité des nuages suintait
Le vent soufflait par delà l’antenne
On pensait à un orage parfait
Mais les éclairs dans les yeux imposaient
Tandis que le jardin s’embourbait
Le vent soufflait à perdre haleine
Une nuit agitée vint tout effacer
Le sommeil détonateur sous la brise mêlée
Nous fit noyer ces sourires qui nous malmènent.
Une méchante personne Le chemin s’ouvrait enfin à moi
Mais il fallait que je retrouve le courage
Le chemin se dérobait devant moi
Mais il fallait devenir maître du découpage
C’est alors qu’elle m’apparut …
Cette bien méchante personne !
La lame du couteau la percerait à jour
Les larmes ou le sang inonderait sa bravoure
La lame du couteau froide comme l’amour
Les filaments comme des ongles collés au velours
Donneront du charme à cette méchante personne
Le chemin devait s’ouvrir enfin à moi
Mais il fallait que je me décuple davantage
Le chemin se couvrait d’orages
Il me fallait vite trouver un nouveau village
Qui me donnerait une nouvelle comparution
Je ne suis qu’une méchante personne
Je ne suis qu’une méchante personne
Je ne suis qu’un détestable produit
Je ne suis le sombre d’un désolant infini
Je ne suis qu’une méchante personne
Douceur Je me souviens de ces endroits moelleux qui donnaient à mes journées des moments passionnants à vivre.
Elle était comme l’oreiller encore frais lorsque l’autre vient juste de se blottir dans le lit. Elle est comme l’oreiller tiède et fatigué lorsque la nuit est passée et les beaux rêves rappelés .
Je me souviens de ce visage doux et ensoleillé dont les cheveux tirés n’avaient rien d’agressif. La blondeur de son sourire me donnait quelques beaux jours à vivre.
Elle était comme la mousse du savon qui rendait mes impuretés moins nettes. Elle est cette eau claire qui débarbouille mes maux englués.
Je me souviens de ce cerveau si beau qui ne méritait pas tant de négligences. Et cette tête si bien faite qui la rendait, pour un autre, bien trop parfaite.
Elle était comme un début de journée où le monde est à nos pieds. Elle était comme une fin de nuitée où nos fantasmes sont encore à nos pieds.
Les nuages Et prendre des avions
Comme on perd son adolescence
Et prendre les nuages
Comme témoin d’un rôle qui s ‘efface
Bien sûr on trouverait plus calme
Les glaces et les chaleurs de ce monde
Bien sûr on trouverait plus calme
Des futurs conjugués au pluriel
Mais prendre des avions
Comme on prend la mer
Traverser les murs du son et leurs parallèles
Et prendre les nuages
Pour de nouveaux objectifs…
Garder les orages Quelques trajets m’ont fait souffrir
Alors je me suis arrêté pour garder
Les orages perdus. Je n’avais guère
De courage pour un méfait accomplir.
Quelques trajets m’ont cru partir
Mais dans ces heures de jérémiades
Ma déroute ne contenait pas ma déveine
Au dehors, les orages voulaient s’appesantir
Quelques trajets m’ont vu mentir
Je baissais la tête pour éviter le tonnerre
Les orages perdus me faisaient, la terre, noyer.
Je gardais les orages et ne faisait que subir.
Quelques trajets m’ont cru mourir
Et si garder les orages est une peine
Trop légère. C’est que je suis loco ou mad
Tandis qu’autour de moi le ciel m’ira à ravir…
Mieux que l’agonie…(1) Jeu et îles
Dans un recoin de ma vie, une insensibilité
Enflammée. Triomphe d’une agonie programmée
Comme un maître d’une épouvante contrôlée
Et restant semblable à une image assombrie
Serais-je capable de me décontenancer ?
L’être lent, l’être trop chair, l’être
incendié
Aux dégaines dégagées d’impuretés
Subit les balles de ces sirènes sans merci.
Il ne se perd pas dans d’infâmes voluptés.
Sera - t’il capable de se dépoétiser ?
Craintif et oscillant entre le laid et le passable
Je me déguise pour oublier ma perte
Reste les inerties et les rides que l’on disserte
Les maux qui nous souffrent comme des bougies
Et qui s ‘éteignent dans le vent des portes
Mieux que l’agonie, la Vie, nous sacrifie :
Nos rêves et nos délices en un triste
Monde sans préavis et oppressant – Bien pour moi !
Une tombe pour vivre au delà de l’espérance.
(11) L’éternité même pour un jour
Il y a des jours où les cœurs deviennent célestes
Où l’humain sait s’enivrer de joies futiles et douces
J’ai parfois connu ces minuscules moments d’éternité
Lors de ces temps incertains où j’étais moi.
Quelques chauds rayons de visages dansaient autour de moi
Ils venaient pour me corrompre de leurs incandescences
Amicales. Dans ces moments là, j’étais moi. Un autre
moi.
Seulement moi sous un ciel religieux au parfum de procession.
Mais le monstre se perd sous des cieux trop grands
Tant l’éternité se cache sous les dépressions
Trop violentes pour qu’on puisse les feindre
Les soleils sont trop attirés par ce qui brille…
(111) Comme partir à la chasse
Je croyais chasser en des terres conquises
Des univers peuplés de souveraines marquises
Mais les rimes soudaines ne font pas les églises
Et c’est au coupe-gorge que l’on me baptise.
Dans les champs boueux ou les rues humides
Je crois en ma poésie aguicheuse ou perfide
Mais les belles marquises sont bien acides
Lorsque la proie lépreuse il me décide
Il est même des vers que je crois littérateur
Des mers dont je crois être le découvreur
Mais jamais les belles marquises ne font l’erreur
De sombrer dans un océan putride et de beurre
Alors je reste là à soustraire mes promises
Plus du tout crûe, même pas christ, je m’enlise
Pavé perdu dans cette eau de vie qui m’électrise
Et je reste à couler dans un bénitier qui me minimise …
Lune Froide Assis à ma table, je regarde par delà la fenêtre pour m’éclairer de cette lune trop bien proportionnée. Si scintillante que dans sur ce mur blanc cassé, en face, je m’obsède à voir ton sourire froid.
En dessous d’elle, la nature ne bouillonne plus mais laisse gazouiller les cloches qui hurlaient dans ma tête. Tu ne m’as toujours pas quitté.
Les nuages viennent me faire pleuvoir tant mon impuissance se colore du blanc cassé de ton visage. Tu es parti sans me laisser d’adresse.
Cinq années de lune froide. Refroidie par ce mauvais sort où par cette mort qui te sauvait. Tu ne devais pas te laisser faire. Tu ne pouvais geler ta vie pour grandir les nuages.
Lune, lune, écoutes un peu ce lourd poème pour dire à cet oncle qui a enterré ceux qui l’aiment, de prendre soin de lui et de devenir une étoile près de toi : lune froide.
Entre les lignesJ’écrivais entre les lignes
Pour qu’elle entende mon signe
En attendant cet œil qui cligne.
J’écrivais entre les lignes.
Elle lisait toutes mes lignes
Sans pour autant qu’elle daine
Lire ces mots à leur vraie enseigne.
Elle lisait toutes mes lignes.
Il aurait fallu que j’ose
Lui susurrer entre les lignes
Tout ce que ma digne prose
Méritait qu’elle souligne.
VerbaliserTrembler
Rester
Jouer
Casser
Rougir
Mentir
Ravir
Partir
Emouvoir
Vouloir
Avoir
Déchoir
Déferler
Apprivoiser
Emporter
Détester
Frémir
Punir
Haïr
Subir
S’éprendre
Attendre
Se vendre
Se rendre
Jumelles et Mouches L’une chassait les mouches vomissantes (que nous sommes tous) de son regard dédaigneux. Et l’autre, frêle et timide, s’amusait de voir nos ailes arrachées.
La première, aux rires ténébreux, décortiquait nos petites têtes pour nous transpercer de ses sages théories. L’autre, joyeuse capricieuse, déchiquetait si délicatement nos petites pattes que ce supplice semblait le plus tendre des actes.
Ces deux jumelles que la nature avait voulu cruelle, étaient précieuses et fécondes. Elles connaissaient l’humanité don elles s’étaient éprises. Religieusement, elles flagellaient, sermonnaient et portaient la croix.
Le jour tombe Le jour tombe sur la plaine embrumée
Surplombée par un hôpital dévasté
La guerre est passée par ici.
La vie tombe dans les ruines assiégées
D’un monde où fleurissent les charniers.
La guerre est passée par ici.
Le jour tombe sur les bruits de mortiers
Mais l’avalanche de boucheries n’est pas terminée
La guerre repassera par là.
Au lever demain matin, les tombes auront embellies
L’herbe rougie et les chairs putréfiées et mélangées
La guerre sera passée par là.
Diable de n’importe quoi Je suis le mal.
Diable enamouré
Je suis le néant.
Diable attendu
Je suis la mort.
Diable délivré
Je suis un tombeau.
Diable écrit
Je suis à l’infini.
Diable tordu
Je suis poussiéreux.
Diable et fumée
Je suis le repos.
Diable de n’importe qui
Je suis englouti.
Diable de n’importe quoi
Je suis Je suis la mort – une mort parfaite
Car je n’aurais jamais existé
Je suis la Mort – soudaine et défaites
Car je n’ai jamais exulté …
Je suis la Mort – venteuse et veine
Car mon souffle n’a plus cette gaieté
Je suis ma mort- sans heurts et chaîne
Car mon âme vie d’un autre côté
Je suis une mort qui vous frôle à peine
Car je n’ai jamais existé
Je suis cette mort, une véritable aubaine
Car je n’aurais jamais exulté …