Allégorie poétique sur le mal de vivre

Allégorie poétique du mal de vivre issue de la seconde partie de poèsies appelée les animaux vulgaires. N'hésitez pas à consulter ces allégories poétiques et à donner vos critiques.

Les larbins du maître-chien

Hors des sociétés des animaux vulgaires, il existe des peuplades qui vivent près de forêts déstructurées.

Les animaux vulgaires les appellent « les larbins ».

Aujourd’hui, cette aimable peuplade prône la guerre civile. Ils sortent les quelques fourches qu’ils leur restent.

Les animaux vulgaires les nomment « les riens de Rien ».

Aujourd’hui, cette agréable peuplade prône la guerre mais leur maître-chien, pour de la politique, ne s’en soucie guère.

Les animaux vulgaires les appellent « les fainéants crétins ».

Aujourd’hui, cette valeureuse peuplade complote ou se démobilise. Seule la nuit leur est retraite. Et les chuchotements les dévorent.

Bientôt, les animaux vulgaires crieront au « temps de maître-chien ».

Vultueux et Voluptueux

Les yeux vultueux, la femelle des animaux vulgaires lorgnent sur quelques doux charniers.

Telle une lionne , elle patiente les bêtes blessées finissant de se débattre. Elle observe.

Autour d’elle, le vide ou un animal vulgaire.

Pourquoi aurait-elle peur ? Les bêtes lui seront dépecé et pré mâché. Le sang bu à petites gorgées. Elle ne pourra pas s’étouffer.

Les yeux vultueux, elle croît surplomber ce monde (beau repas) en décomposition.

Autour d’elle, l’assurance ou un animal vulgaire.

Le bruit de nos os déchiquetés lui offrira un dernier dessert de qualité.

Kiki ou la vraie vie

Kiki est un chien
Qui crotte où il veut
Qui va où il peut
De la voiture au restaurant
Du restaurant à la voiture

Kiki est un chien
Qui mange comme les animaux vulgaires
Pas de la bouffe de secrétaire
Du yaourt zéro pour cent au pâté
Du pâté au yaourt zéro pour cent

Kiki est un chien
Qui ne grogne qu’après les pauvres hères
Qui ne joue qu’avec son sphincter
Et lèche certains animaux vulgaires

Kiki est tout plein de dents
Comme les animaux, il aime être méchant
Le voir nous révulse tant et tant
Car nous savons que, nous morts, il sera vivant

Pendant que l’automne révulse…

Les animaux vulgaires n’y sont pour rien. Les fleurs qui s’étiolent et tombent sous le blizzard de mes pensées.

Les animaux vulgaires n’y sont pour rien. Tout cela n’était qu’une tempête salée.

Les animaux vulgaires n’y sont pour rien. Tout cela n’était qu’une grippe viciée.

Les animaux vulgaires n’y sont pour rien. Tout cela n’était qu’une mauvaise pneumonie médiatisée.

Les animaux vulgaires n’y sont pour rien. Tout cela n’était qu’une poésie grisâtre et déchaînée.

Les animaux vulgaires n’y seront pour rien. Tout cela n’est qu’une mise à mort programmée.

La tête de pont

« Réveillons-nous ! » dirent les villageois
Voici qu’un pont a été construit durant la nuit
Il ne repose sur pas grand-chose
Et se dirige vers une kyrielle d’ennemis

« Réveillons-nous ! » dirent les villageois
Voici qu’un pont nous mène à tous les vents
Voudrait-il nous diriger vers le précaire ?
Le pont est un calvaire et les animaux vulgaires

« Réveillons-nous ! » dirent les animaux vulgaires
Amenons cet horrible peuple vers le cimetière
Un sommeil profond vaut mieux que l’hypnose
Nous les convertirons, au même chemin suicidant

Mais qu’attendent les animaux vulgaires

Sur ma peau, la danse du couteau
De mes yeux à mes jambes, une trace
Fine, trop peu prononcée, un coup dans l’eau
Modeste sillon rouge qui déjà s’efface

Ma tête approuve cette nouvelle tendresse
Demain, il faudra que rien ne paraisse
Ce n’est qu’une tentative, une démarque,
Un substitut pour que ma tête ne se détraque

Sur ma peau, le couteau se déhanche
Admiratif, il avance, connaît ma décote
Il aimerait s’enfoncer et que je flanche
Et si un dieu permettait cette faute…

Ma tête approuve cette nouvelle faiblesse
Il faudra bien que demain on me disparaisse
Mille fois hélas, je vis de sous la graisse
Sous les larmes qui font de moi une forteresse.

Mais qu’attendent les animaux vulgaires …
Mais que les animaux vulgaires attendent !

Chut ! Les animaux vulgaires nous dévorent…

L’heure est déjà dépassée. Le soleil s’est retiré derrière le seul nuage qui leur faisait de l’ombre.

Le repas sera desservi plus tard quand les animaux vulgaires auront vomi toutes les pauvres bestioles dont on fait les terrines.

L’heure est déjà dépassée. Le soleil est comme les convives, il a implosé en un rire effroyable.

Le repas sera desservi plus tard quand les animaux vulgaires auront rôté ces noms qu’ils pensent malodorants.

Les jours ont passé. Le peuple attend toujours qu’une certaine mort les délivre.

Le répit

Comme on va à la messe, j’attends ma gifle
Quotidienne. Elle remet en place mon cerveau
Flétri par cet adipeux parfum de mixtures
Puantes. Je ne veux plus être une ombre

Comme on va à la prière, j’attends la gifle
Illustre. Elle remet en place mes pensées
Gracieuses. Rien ne vaudrait un enfer
Imbécile. Je le connais déjà.

Comme on se confesse, j’attends une gifle
Motivante. Elle remettrait mon compteur
A plat. Un autre deviendrait chanceux
Oubliant cette bêtise, dessinant un monde.

Comment puis-je retrouver l’interrupteur
Comment puis-je partir en douceur
Les bouffons parfois se tordent
Et de rire voilà un hypocrite tombeau.

Les ongles sales dînent

Je le voyais parler seul les yeux en bataille. Les mains violacées tenaient un peu fin breuvage.

Les mots qu’il disait étaient vociférés comme si on voulait qu’on l’écoute.

Les plaques dans ses cheveux prenaient parfois la couleur du breuvage. Mais aucune bête ne les lui léchait le soir.

Les mots qu’il disait revendiquaient et accusaient comme s’il voulait qu’on s’occupe de lui.

Et nous, nous étions là, indolents à le laisser gémir, à demi en rigolant. Notre pauvreté d’âme nous en donnait le droit.

Je le voyais parler seul sa bouche en rébellion. Son cœur chloroformé avait déjà ingurgité ce si peu fin breuvage.

There is no heaven

Les animaux vulgaires n’avaient rien compris
Du haut de ma clinique, je le sentais
Aller et venir – Préparer leurs mesquineries

Un garde champêtre, tête de pont
Ses caractères, son pull au ventre rond
Allait et venait – Fructifiait ses gâteries.

Du haut de mon nouvel hospice
Après ces larmes, les armes je déposais
J’avais compris – Mon labeur était factice.

Les bêtes malades

Il n’y avait plus de pendule dans l’entrée
On ne voyait que des bruits de pas
Sur le papier peint faussement délavé
L’image du troupeau, je la voyais déjà.


On m’attendait peut-être quelque part
Mais la transhumance des bêtes malades
Commençait à peine. Y’avait-il un abattoir ?


Il n’y avait plus de pendule dans l’entrée
Au loin clignotaient des lumières sans chaleur
Les bêtes malades avançaient pleurant et geignant
Mais peut-être était-ce la sueur du choc frontal.


Elles voudraient fuir, se retirer de ces forêts
De chevilles marquées. Les bêtes souriaient
Maintenant. Elles savent qu’au bout, il y a
Les défaites, l’instinct des chasseurs qui lacèrent.


Pauvres bêtes qui périront sous la neige ou dans
Le sang. Et la pendule qui n’est plus dans
L’entrée leur évite le granit ou la fosse commune.

Les animaux vulgaires et l’échiquier


Le peuple avait voulu une révolution feutrée
Et les animaux décantés ou écartelés
Par quelques discours diablement ensorcelé
Les animaux avaient leur auditoire hypnotisé


Pour quelques piécettes, les peu fortunés
Pouvaient un quelconque jeu de bois acheté
Les animaux leur donnaient un peu de gaîté
Avec ce défouloir qu’on appelle « échiquier »


Le peuple dans cette révolution feutrée
Achetait chaque quinzaine leurs voisins dessinés
Si bien qu’ils pouvaient à loisir se massacrer
Les animaux avaient leur auditoire hypnotisé


Pour quelques piécettes, les infortunés
Avaient acquis la paix bien organisée
Le peuple surpris et honteux était maté
Pour les animaux qui à la guillotine avaient échappés…


Copyright Olivier guilbert